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Cabinet Lefebvre-Nar 

ingénierie sociale, économique, environnementale

ingénierie sociale, économique, environnementale Soigner la finance, rendre la vue à l'argent

Soigner la finance, rendre la vue à l'argent

Le Crédit Coopératif organisait le 9 décembre 2016 ses Rencontres sur le thème "Soigner la finance". Frédéric Lefebvre-Naré a proposé une stratégie pour lui permettre d'aller à l'économie réelle selon une information sur les acteurs, plutôt que de bulle en bulle. La discussion en atelier a montré qu'au-delà du "comment réguler", la question la plus difficile est : "qui a légitimité pour réguler la finance ?".

Pour la finance, « marcher », c’est transférer de l’argent d’un acteur à l’autre de l’économie, en fonction d’une information sur ces acteurs.

Son appareil locomoteur est un système, informatique et humain, qui transfère l’argent. Il fonctionne assez bien ; très bien, si l’on pense au contrôle en temps réel de l’approvisionnement d’un compte (p. ex. compte Nickel) ; et même dans une forme olympique, si l’on pense au trading haute fréquence.

Son appareil sensitif est un système, informatique et humain lui aussi, qui s’informe sur les acteurs de l’économie, et qui prend ses décisions en fonction de cette information. C’est de cet appareil sensitif que la crise de 2008 a montré l’inefficacité. C’est lui qui est malade, et chaque infirmité conduit à une autre.

  • Primo, l’œil du financier ne peut plus voir la valeur réelle d’un portefeuille, à travers les couches de titrisation, sinon par des notations conventionnelles simplificatrices, elles-mêmes biaisées par des conflits d’intérêt.
  • Secundo, le prix de marché servirait de référence, mais cela revient à supposer les autres acteurs bien informés : quand tout le monde en est au même point, le prix devient purement spéculaire, auto-référentiel.
  • Tertio, quand la situation des acteurs oscille entre trop et trop peu, excès de liquidités ou crise de cash, les valeurs de tous les titres en sont affectées : ainsi, les évolutions des indices sont de plus en plus corrélées entre elles. Le financier qui ne voit que les graphiques à court terme gagne autant que le connaisseur de l’économie réelle.
  • Quarto, l’établissement financier lui-même est touché, puisque ces valeurs fumeuses, la comptabilité les intègre dans l’évaluation de sa solvabilité, quand elle chiffre les actifs à leur valeur de marché.

La finance devient ainsi un casino, proprement dit : les joueurs vont de bulles brillantes en crises de cash. Un aveugle qui marche passera, par chance, des passages risqués, où un voyant ne se serait pas engagé ; mais un mètre plus loin, l’aveugle fait une chute fatale.

Pour éviter la chute, les pouvoirs publics ont constamment apporté, tout au long du siècle, du cash aux marchés, notamment par la dette publique. Cette matière première bon marché facilite la constitution de fortunes spéculatives, et de groupes industriels bâtis sur le seul endettement et l’ingénierie fiscalo-financière. Ainsi la finance épuise-t-elle, décourage-t-elle, pille-t-elle, l’économie réelle, alors qu’elle aurait dû la guider.

Le protocole de soin vise à rendre la vue à l’argent. Cela peut vouloir dire : au secteur financier ; ou bien, si le secteur financier est incurable, à d’autres acteurs ou mécanismes (plates-formes de crowdfunding par exemple) qui rempliront son rôle. En tout cas le secteur financier est mis en concurrence sur son cœur de métier, orienter l’argent selon une information sur les acteurs.

1 — Primum non nocere : ne pas arrêter l’économie d’entreprise, concurrentielle, au prétexte que son guide financier est aveugle. Une alternative comme la planification étatique serait tout aussi insensible aux changements rapides du monde. Il s’agit, au contraire, de permettre une économie de marché saine et des échanges planétaires équilibrés, comme dans le titre original du livre de Stiglitz : Making globalization work. Les règles futures doivent permettre la prise de risque, condition de l’innovation et du progrès. Le tout est de pouvoir évaluer et chiffrer justement ce risque.

Des participants aux Rencontres ont fait observer que la tendance actuelle est inverse : la BCE essaye de limiter les risques pour les épargnants. La représentante d'une grande banque affirmait en plénière dans le même sens que les établissements financiers doivent assurer à leurs clients l’absence ou la minimisation du risque.

Les participants s'accordaient en tout cas pour estimer qu’aujourd’hui, très peu des flux financiers va à l’économie productive.

2 — Pour cela, donner du temps. Le temps de la transaction doit être cohérent avec le temps de la collecte et du traitement de l’information. Enregistrer toutes les transactions sur un registre central, comme cela existe sur certains marchés, et taxer à un taux uniforme les flux et engagements, devraient dissuader les activités parasites comme le trading haute fréquence.

Plusieurs participants ont fait des objections sur la faisabilité de l’enregistrement. Objections surprenantes car il y a peu de difficultés. Attention en revanche à la montagne de reporting ! Une fausse sécurité, selon cette participante : "on est extrêmement encadrés, contraints, mais pas contrôlés ! Car l’information que nous devons fournir — des questions pertinentes — n’est pas traitée !"

Dès que le temps des marchés financiers sera ré-harmonisé avec celui de l’économie réelle, s’ouvrira un vaste espace d’opportunité pour l’investissement productif, l’investissement pour le climat, l’investissement social.

3 — Faire revenir un actionnariat de long terme. Par exemple, un actionnaire devrait justifier une année de détention de son action pour voter à l’Assemblée annuelle.

Et surtout, il faut un actionnariat, plutôt que de l’endettement. Également dans le secteur financier, dont les établissements devraient avoir les mêmes ratios de fonds propres que dans toute autre activité économique.

En atelier, un participant observait justement qu’il n’y pas d’exigences légales de fonds propres dans les autres secteurs ; les ratios de fonds propres des entreprises non financières résultent plutôt de la pression des prêteurs ! Un participant recommandait de suivre l’exemple suisse, « des mesures drastiques ». Inversement, si les « progrès faits sur les fonds propres » ne sont pas partagés par des concurrents (Italie…) cela dissuaderait d’avancer.

Il y aura besoin de capitaux venant investir en actions, malgré le risque ; il faudra pour cela supprimer l’incitation fiscale actuelle aux placements les moins risqués.

Le PEA et l’investissement direct sont aujourd’hui peu encouragés, mais un participant appelait à ne pas chercher d’incitation fiscale du tout : « les dispositifs pour orienter l’épargne ne marchent que pour les intermédiaires ».

Faisons de la France un environnement financier idéal pour l’économie réelle, un environnement où les entreprises sauront que leur réussite, et la qualité de leurs projets, seront bien pris en compte et valorisés.

4 — Restaurer des relations saines entre parties prenantes. Le libéralisme — cadre idéologique le plus partagé dans la communauté des affaires — exige la responsabilité. Un acteur qui ne peut pas porter la responsabilité de ses actes, ne doit pas agir librement.

En pratique, cela demande de couper les conflits d’intérêts, au moins au plan comptable.

Utopie, selon un participant.

Une agence de notation ne devrait être payée que par ceux qui cherchent l’information, comme une agence de presse n’est pas une agence de pub.

L’accumulation de dettes publiques d’un État dans le bilan de banques crée aussi une collusion problématique (que la BCE essaye, en vain pour l’instant, de circonscrire.)

Le libéralisme demande une institution centrale, l’État, en mesure de faire la police. Les gendarmes ne doivent plus laisser quinze ans d’avance aux voleurs.

Cette référence à l’État (conformément à l’idéologie libérale) était une petite provocation puisque la régulation est aujourd’hui confiée à la BCE et les participants le confirment : « l’échelon européen peut être plus efficace, il faut élargir les missions de la BCE ». Mais cela soulevait le contre-argument : quel est le rôle du Parlement européen ? Et même, si l’Europe voulait forcer la France à aller vers les taux variables en immobilier, l’accepterions-nous ?

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Soigner la finance, rendre la vue à l'argent

mardi 24 janvier 2017

Par Frédéric Lefebvre-Naré - Actualités

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Pour une science of data

vendredi 15 juillet 2016

Par Frédéric Lefebvre-Naré - Actualités

Frédéric Lefebvre-Naré introduit, pour l'Institut de l'Iconomie, une science des données, science of data, par contraste avec l'artisanat mal outillé qu'est la data science, et au-delà des univers fermés décrits par les bases de données relationnelles.

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Qui écouter sur internet et les réseaux sociaux ? La représentativité, enjeu-clé

vendredi 27 novembre 2015

Par Frédéric Lefebvre-Naré - Actualités

L'afflux de données remontant, par API, sur les conversations en ligne, s'accompagne du défaut consubstantiel aux flux de big data : la non-représentativité. Être informé sur le monde réel, et pas sur les données elles-mêmes, demande de la méthode, de l'algorithme. Interview de Diouldé Chartier-Beffa et Frédéric Lefebvre-Naré pour MRNews.

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Compétitivité : la clé numérique

mercredi 14 novembre 2012

Par Frédéric Lefebvre-Naré - Actualités

Frédéric Lefebvre-Naré présente, sur Xerfi Canal, une politique pour la compétitivité de la France. Il appelle à conquérir trois "territoires numériques" sur lesquels nos entreprises et nos collectivités auraient toutes leurs chances !

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Références Études et conseil

dimanche 24 juillet 2011

Par Frédéric Lefebvre-Naré - Références

Grandes entreprises

PME

Organisations publiques et associations

Structures d’études, de conseil et de formation

Références Systèmes d'information

Par Frédéric Lefebvre-Naré - Références

Grandes entreprises

PME

Organisations publiques et associations

Structures d’études, de conseil et de formation

Références R&D, formation

Par Frédéric Lefebvre-Naré - Références

Grandes entreprises

Organisations publiques et associations

Structures d’études, de conseil et de formation

Références veille et prospective

Par Frédéric Lefebvre-Naré - Références

Grandes entreprises

Organisations publiques et associations

Structures d’études, de conseil et de formation

Une catastrophe naturelle a bouleversé le service rendu par une grande entreprise à son public et déstabilisé ses équipes.

vendredi 22 juillet 2011

Par Frédéric Lefebvre-Naré - Problèmes solutions

Notre retour d’expérience pour le comité exécutif a dégagé des axes d’amélioration et de communication. Ils ont été adoptés et appliqués.

Un baromètre de satisfaction mené à très grande échelle s’avérait ne plus mesurer grand chose d’intéressant.

Par Frédéric Lefebvre-Naré - Problèmes solutions

L’outil restructuré avec notre conseil est plus léger, mieux adapté aux nouveaux services, bien en prise sur la clientèle.

Les méthodes de recrutement d’une grande organisation, très procédurières, lui permettaient-elles d’attirer les meilleurs candidats ?

Par Frédéric Lefebvre-Naré - Problèmes solutions

Notre évaluation rassure quant à la qualité des recrutements et identifie un processus à améliorer : le 1er mois des nouveaux cadres.

La multiplicité des groupes projet transversaux inquiétait une organisation : risque de gaspillage et de démobilisation ?

Par Frédéric Lefebvre-Naré - Problèmes solutions

Nos techniques d’enquête interne ont vérifié l’implication des équipes et permis de privilégier les types de projet les plus efficaces.

Dans une crise écologique qui transforme la perception de la mobilité et de son coût, comment PSA doit-elle vendre ses produits ?

Par Frédéric Lefebvre-Naré - Problèmes solutions

L’étude à laquelle nous avons participé pour PSA a été largement reprise en interne et promue à l’extérieur.

Les rigidités d’une grande entreprise menaçaient de démotiver et éloigner les jeunes cadres à haut potentiel.

Par Frédéric Lefebvre-Naré - Problèmes solutions

Les cadres passés par nos incubateurs ont pris le leadership dans les réorganisations ultérieures.

Avoir été rachetés par un grand groupe suscitait une forte contestation parmi les cadres d’une SSII.

Par Frédéric Lefebvre-Naré - Problèmes solutions

Nous avons restauré le dialogue, et élaboré des solutions, qui ont perduré à travers des rachats ultérieurs.

Un même Plan stratégique devait fédérer 35 entreprises, toutes soucieuses de leur indépendance par rapport à l’instance centrale.

Par Frédéric Lefebvre-Naré - Problèmes solutions

Après notre intervention, l’adhésion des entreprises et des équipes est unanime sur les objectifs et le contenu du Plan.

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